L’association 5E en colloque à Bordeaux

Découvrir Bordeaux en automne, c’est l’opportunité qu’ont eu les graphopédagogues 5E, du samedi 22 octobre au lundi 24 octobre 2022. En effet, c’est dans cette magnifique ville que s’est tenu le colloque annuel de l’association 5E. Après Strasbourg l’an dernier, le tour de France continue. L’occasion pour les pédagogues de l’écriture de se retrouver, pour travailler, échanger et surtout pour nouer des contacts prometteurs.

L’association 5E au travail en colloque à Bordeaux

Des rencontres et des échanges

Des moments conviviaux ont évidemment ponctué ce weekend bien studieux. Le traditionnel « speed dating » permet de rencontrer les nouvelles graphopédagogues mais aussi de retrouver les collègues de l’autre bout de la France !

Le speed dating version 5E

Les membres de la 5E ont ainsi pu admirer les monuments les plus emblématiques de Bordeaux du haut d’un bus à impériale. Ce tour s’est terminé par une délicieuse dégustation de cannelés et par un concert improvisé !

Visite de Bordeaux en bus à impériale pour les membres de l’association 5E

Un travail d’analyses des pratiques

Au programme de ce colloque, les graphopédagogues se sont livrées à une analyse approfondie de leurs pratiques au quotidien. Des discussions fructueuses ont permis d’aborder plusieurs thèmes, occupant ainsi une grande partie du samedi.

Le suivi des élèves de Maternelle

Une réflexion poussée a d’abord porté sur le suivi des élèves de Maternelle. Il s’agit en effet de situations un peu particulières puisque les graphopédagogues interviennent alors à la frontière entre apprentissage et réapprentissage. La question ainsi posée était essentielle. Faut-il laisser l’enfant suivre une évolution classique à l’école, au risque de voir les mauvaises habitudes s’installer ? Ou est-il possible pour les graphopédagogues d’intervenir en amont ? Et bien-sûr, de quelle façon ? Les débats, parfois vifs, ont été passionnants. Le rôle du parent présent pendant les séances de graphopédagogie est encore plus important que d’habitude. Cette spécificité 5E prend ici tout son sens. Ce point a fait consensus.

Pour les graphopédagogues 5E, c’est un élément clé dans la réussite des suivis et dans les progrès de l’écriture. En effet, l’élève, le parent et la graphopédagogue forment ainsi un partenariat tripartite. Présent et impliqué pendant la séance où il est un observateur attentif, le parent, une fois revenu chez lui, se transforme en véritable entraineur qui motive et qui corrige les éventuelles erreurs de son enfant. Pour un élève de Maternelle, une partie du rendez-vous s’adresse d’ailleurs davantage au parent qui bénéficie de précieux conseils. Il est sensibilisé aux différents points de vigilance auxquels il est essentiel d’être attentif au moment où un enfant apprend à écrire.

L’association 5E en colloque à Bordeaux: des temps d’échange et de travail

Les tensions, comment les limiter?

Autre sujet complexe abordé, les enfants et adolescents toujours en tension. Comment aider ces élèves extrêmement tendus ? Même si des progrès notables sont faits dans la tenue du crayon, la prise d’appuis et même dans la mobilité des doigts, certains blocages peuvent perdurer et gêner ainsi les progrès de l’écriture. Un élève particulièrement crispé n’arrivera en effet pas à acquérir une écriture parfaitement fluide. Elle restera saccadée. Et si ces tensions sont trop marquées, elles pourront être à l’origine de douleurs, et voir même à terme, dans des cas extrêmes, de l’apparition d’une crampe de l’écrivain. Il est donc essentiel de tout mettre en œuvre pour faire disparaître ces tensions, ou au moins pour les limiter. Chaque graphopédagogue a alors exposé les exercices et les techniques qu’elle utilisait afin de surmonter ces difficultés. Yoga, relaxation, travail d’intégration des réflexes archaïques, les moyens évoqués ont été nombreux. http://lartdecrire.fr/category/reflexes-archaiques/

Participer au colloque permet à chaque professionnelle de l’écriture de mutualiser son travail et de s’enrichir au contact des autres. Cette fois encore, ce fut le cas.

Un colloque pour partager ses exercices

Toujours dans le domaine des pratiques pédagogiques, cette rencontre fut également l’occasion de faire le point sur les sujets qui avaient été travaillés lors de la dernière édition. Une réflexion avait été menée sur le guidage vocal. Il s’agit bien par-là de faciliter l’acquisition du geste de l’écriture en permettant une meilleure automatisation. Harmoniser certaines pratiques favorise la coopération entre les membres 5E, notamment dans le cadre de la formation des nouvelles graphopédagogues. Enfin, la Brain Ball a aussi fait l’objet d’un bilan. Les pédagogues 5E ont comparé la façon dont elles s’étaient s’appropriées les exercices auxquels elles avaient été formées par M. Régis Pautonnier au cours du colloque 2021. https://brainball.fr/

Les actions menées par la 5E

Le dimanche 23 octobre a plus particulièrement été consacré aux actions menées par l’association 5E. Les projets commencés l’an dernier ont abouti au cours de l’année grâce au travail et à l’investissement des graphopédagogues. Ils ont été approfondis et seront poursuivis.

L’association 5E a tout d’abord élaboré différents documents pédagogiques à destination des professeurs des écoles. Ils concernent déjà plusieurs niveaux. Ils sont en ligne pour la Maternelle, et ils ne tarderont pas à l’être pour le CP. Vous pouvez les retrouver sur le site de la 5E. https://www.association5e.fr/page/1808331-maternelle. N’hésitez pas à les télécharger et à les faire connaître autour de vous. Vous pouvez bien entendu les utiliser gratuitement dans le cadre de la classe. D’autres travaux sont à l’étude et ils viendront peu à peu enrichir ce corpus.

Accompagner les professeurs des écoles dans leur travail est effectivement un des objectifs fixés par l’association 5E. C’est une des raisons qui nous a poussés à reconduire le concours L’écriture, c’est la classe. En partenariat avec la Semaine de l’écriture et avec les éditions MDI, l’association 5E coorganise ce concours à destination des écoles. Les magnifiques cahiers créés l’an dernier à cette occasion sont les témoignages les plus évidents du succès rencontré. Ecrire à l’école est avant tout un plaisir, mais cela demande un engagement soutenu et un travail au quotidien. Ce concours est destiné à vous accompagner dans cette démarche. N’hésitez pas à inscrire votre classe : https://www.mdi-editions.com/jeu-concours-ecriture

Le concours L’écriture, c’est la classe a pour thème le partage cette année.

2023, une année prometteuse

D’autres chantiers ont encore été l’objet de ce colloque… L’année 2023 marquera les 10 ans de l’association et les projets ne manquent pas pour célébrer cet anniversaire. Qu’il s’agisse d’événements festifs, de nouvelles vidéos, d’un travail expérimental autour de la pédagogie de la langue écrite…, les occasions d’entendre parler de la 5E ne manqueront pas !

Les graphopédagogues 5E réunies au colloque 2022

Raphaël, 13 ans. Fier de son écriture !

Raphaël a commencé sa rééducation car il avait mal à la main quand il écrivait longtemps. Il écrivait également trop lentement en classe. Il finissait après ses camarades et parfois il n’arrivait pas à finir de copier ses cours. Son écriture était lisible, mais il n’en était pas satisfait et il avait souvent des remarques négatives à son sujet. Sa tenue de crayon n’était pas efficace et des tensions importantes s’exerçaient au niveau des doigts et du poignet. 

Pendant plusieurs mois, il a travaillé sérieusement, et désormais il n’est plus gêné dans son travail écrit. Son écriture est très harmonieuse et agréable à lire. Il en est fier et il a bien raison! Bravo pour ces progrès!

Liséa, 9 ans. Une écriture sans douleur

Liséa a commencé sa rééducation car elle était gênée quand elle écrivait. Elle avait des douleurs dans les doigts et une bosse se formait sur son annulaire. Son écriture était tout à fait lisible, mais elle n’aimait pas du tout écrire. Sa tenue de crayon n’était pas efficace et des tensions importantes s’exerçaient au niveau des doigts et du poignet. 

Pendant plusieurs mois, elle a travaillé sérieusement, faisant ainsi des progrès importants. Bravo d’avoir gardé une belle motivation pour travailler tous les aspects de l’écriture, même une fois les douleurs envolées. Liséa a désormais une bonne tenue de crayon. Elle n’a plus mal et écrire à l’école n’est plus un souci!

Un cahier d’écriture pour mon enfant

Pourquoi un cahier d’écriture  ?

Un cahier d’écriture pour son enfant? En effet quel parent n’a jamais acheté de cahier pédagogique pour permettre à son enfant de réussir à l’école et de mettre ainsi toutes les chances de son côté ? Résolution de problèmes, l’orthographe sans souci, la lecture facile, comment bien préparer sa rentrée en 6ème … A la maison, mes tiroirs en sont pleins ! Et ça continue… Je viens juste de me procurer toute une série de prépabac… Alors bien-sûr, en tant que spécialiste de l’écriture, je me suis aussi penchée sur ce sujet des cahiers d’écriture…

Essayons donc de répondre à ces 2 questions : est-il intéressant ou simplement utile d’acheter un cahier d’écriture pour son enfant, et surtout, plus important, comment bien le choisir ?

Tout d’abord, examinons ensemble quelles raisons motivent un tel achat ?

Une écriture qui ne semble pas s’améliorer?

Pour commencer, votre enfant est en CP et vous avez hâte qu’il commence à apprendre réellement à écrire. Mais quand vous regardez son agenda, c’est encore la maîtresse qui écrit les devoirs ou qui colle la liste de ce qu’il a à faire. Jusqu’à quand vous autorisez-vous à trouver cela normal ?

Vous lisez la date sur le cahier du jour et décidément, même avec beaucoup de bonne volonté, vous ne voyez toujours pas de progrès dans ces hiéroglyphes… Et en plus, votre parfaite copine vous montre fièrement le parfait cahier de son petit chéri… Vous souriez, vous félicitez…, mais au fond de vous, ça y est, vous êtes inquiète! Exactement comme le jour où vous avez pris un rendez-vous chez l’orthophoniste parce que votre belle-mère vous avait dit qu’il fallait quand même vous décider à faire quelque chose. Votre rejeton ne sait décidemment toujours pas articuler correctement… Et est-ce qu’il a des copains, au moins…

Si vous vous reconnaissez dans ce portrait, ne vous précipitez pas pour dévaliser tout le rayon de la librairie afin d’acheter un cahier d’écriture pour votre enfant! Demandez plutôt un rendez-vous à son enseignant afin de faire un point sur les compétences scolaires qu’il a déjà acquises. En effet, tout le monde n’apprend pas au même rythme et les élèves ne maîtrisent pas les mêmes savoirs au même moment.

Un cahier d’écriture pour son enfant en vacances

Alors, en fin de compte, à quel moment acheter un cahier d’écriture peut-il se révéler être judicieux ? Je vous conseillerais d’en utiliser un pendant les vacances scolaires. Effectivement, les vacances sont une coupure importante dans le processus d’apprentissage. Et plus la maîtrise des connaissances est fragile, plus cette interruption se fera ressentir et plus le retour à l’école sera compliqué. C’est le cas pour toutes les matières, mais c’est encore plus vrai pour l’écriture. Imaginez, deux semaines, voire deux mois sans pratiquer cet exercice! Reprendre ensuite un crayon sera une épreuve qui lui semblera presque insurmontable.

Mais pourquoi ne pas se contenter des cahiers de vacances, souvent très ludiques ? Ne sont-ils pas faits pour cela ? Ils peuvent effectivement intéresser et stimuler votre enfant. Mais mon expérience m’a appris qu’il y a rarement de la place pour écrire ou que cet espace n’est décidément pas adapté pour travailler l’écriture. Privilégiez donc désormais plutôt un cahier d’écriture.

Un cahier d’écriture pour son enfant tous les jours

Ensuite, si les devoirs du soir ne sont pas un moment de tension et si vous disposez d’un peu de temps, vous pouvez aussi soutenir l’apprentissage de l’écriture de votre enfant au travers d’un cahier d’écriture. Cela ne doit pas forcément devenir une activité quotidienne ; vous pourrez aussi l’utiliser plus ponctuellement, le mercredi ou pendant le weekend. Il remplacera le cahier du soir que certains d’entre vous ont sûrement déjà acheté. Mais faites en sorte que cela reste un moment d’échange et de complicité que vous partagez avec votre enfant, au même titre que la lecture d’une histoire. Si ce travail doit être source de conflit, abandonnez tout de suite cette idée. L’apprentissage ne se fera que si votre fils ou votre fille a envie d’apprendre avec vous. Sinon, vous risquez purement et simplement de le ou de la braquer définitivement contre l’écriture. Ce n’est pas l’objectif !

Enfin, si votre enfant a de réelles difficultés et qu’il n’arrive pas à écrire, ou si son écriture est illisible, ou bien s’il a mal en écrivant, l’utilisation d’un tel cahier ne sera le plus souvent pas une solution efficace et durable. Je vous conseille cette fois encore de vous tourner vers son enseignant. Il saura vous répondre et il pourra éventuellement vous adresser à d’autres professionnels, les graphopédagogues. Formés par l’association 5E, ils ont toutes les compétences requises pour vous accompagner et aider votre enfant à surmonter ses difficultés.

Quel cahier d’écriture choisir pour son enfant?

Au regard de ce que vous avez lu, vous vous êtes finalement décidés. Vous allez acheter un cahier d’écriture. Vous en êtes persuadés, cet outil est fait pour vous. Mais lequel choisir ? Vous déambulez devant les rayons ou vous faites défiler les pages sur votre ordinateur, et … ils semblent tous aussi bien les uns que les autres. Quels critères faut-il donc prendre en compte ? Premier conseil, ne pas se fier à la couverture. Tous les éditeurs ont un très bon service marketing et leurs illustrateurs connaissent également parfaitement leur métier. L’emballage ne garantit en effet jamais la qualité du contenu. Je reçois régulièrement des parents qui me montrent fièrement le cahier d’écriture qu’ils ont acheté à leur cher petit ainsi que les efforts que celui-ci a déployés… pour suivre un modèle qui ne convient absolument pas. Devant un tel enthousiasme, qu’il est difficile de leur faire prendre conscience de cette erreur sans les décourager !

Cahier complété par un élève sans aucun bénéfice pour son apprentissage

En somme, je n’ai pas ici la prétention de lister toutes les conditions qu’il faudrait réunir dans un bon cahier d’écriture. Je me limiterais à souligner quelques points clés faciles à repérer par les parents. Il s’agit effectivement bien d’aider les profanes en matière d’enseignement de l’écriture

Quel modèle d’écriture privilégier?

Tout d’abord, en termes de modèle d’écriture, voici ce qu’il faut absolument éviter.

Modèle à éviter absolument
Erreurs dans les a, e et o

Ainsi, beaucoup d’erreurs sont présentes dans ces quelques phrases !

  • Le a avec un trait d’attaque en début de mot
  • Le e apraxique, compliqué à enchaîner et qui ralentit beaucoup l’écriture
  • Le o avec un œilleton bien marqué

Effectivement, ces éléments compliquent la tâche des élèves et ne leur permettent pas d’accélérer. Ils n’ont d’ailleurs aucune raison d’être. On ne les retrouve en effet plus dans les préconisations de l’éducation nationale.

Erreurs dans le tracé du d

Ainsi, nous pouvons faire la même remarque dans ce deuxième exemple qui explique que le d se fait en 3 mouvements distincts. A l’image des autres lettres rondes, le d se trace au contraire en 1 fois. Il faut juste lever le crayon par rapport à la lettre précédente et venir se placer judicieusement au bon endroit sur le point d’attaque.

Conseils pour tracer les lettres rondes chez mdi

En résumé, vérifiez bien que les e sont faits en un seul geste comme une boucle. Aucun œilleton ne doit être ajouté (sur les o, les r, les b, les v ou w). De plus, il ne doit pas y avoir de trait d’attaque avant les lettres rondes (c, o, a, d, q et g).

Un modèle favorisant l’apprentissage
Un modèle facile à reproduire

Dans quel ordre apprendre les lettres?

Ensuite, vous pouvez aussi repérer dans quel ordre l’apprentissage des lettres est prévu.

Si le cahier commence par le a, même si cela peut vous sembler logique, c’est plutôt mauvais signe. En effet, la progression dans l’apprentissage de l’écriture est différente de celle de la lecture. Elle doit effectivement obéir à la logique du geste. Ainsi, la boucle est un des gestes de base de l’écriture cursive. C’est donc logiquement par elle que le cahier doit commencer. Afin de permettre d’écrire les e et les l. Puis les i et les u, à partir des pointes.

Voici également un autre exemple facile à retenir, l’apprentissage des lettres rondes doit commencer par le c. Le travail ainsi mené permettra de mettre en place le sens de rotation du a et de toutes les autres lettres rondes qui se forment sur le même modèle.

Sommaire d’un cahier Larousse
Sommaire mdi
Sommaire d’un cahier Magnard

Les activités préparatoires à l’écriture

Enfin, les cahiers insistent de plus en plus sur les activités préparatoires à l’écriture. Ils proposent un travail sur la mobilité des doigts et sur la posture à adopter. La tenue de crayon est essentielle et on peut l’acquérir à travers les divers entrainements présentés. Il ne s’agit pas là d’une introduction anecdotique visant simplement à remplir quelques pages. En effet, ces conseils et ces exercices sont réellement fondamentaux et ils doivent constituer une partie indépendante, indispensable à un bon cahier d’écriture.

Cahier mdi présentant la tenue de crayon
Cahier Bordas présentant la posture à adopter

Si vous avez besoin d’en savoir plus sur la façon de s’installer pour écrire, si vous avez des doutes sur la posture, la tenue de crayon, n’hésitez pas à retrouver mes conseils.

http://lartdecrire.fr/2021/09/bien-sinstaller-pour-bien-ecrire/

Les cahiers recommandés par l’association 5E

En conclusion, le plus sûr moyen de ne pas se tromper dans l’achat d’un cahier d’écriture, c’est sans doute de se fier au label décerné par l’association 5E.

En effet, spécialisée dans l’enseignement et la défense de l’écriture manuscrite, elle regroupe des enseignants, des graphopédagogues et des formateurs qui ont à cœur de présenter les outils pédagogiques les plus à mêmes de faciliter l’apprentissage de l’écriture. En voici des exemples. Un tout nouveau très intéressant chez Bordas, sous la direction de Laura Lefebvre et un désormais classique, mais toujours un grand succès avec Laurence Pierson chez mdi.

Finalement, pour vos achats, cherchez bien le logo de l’association, vous ne vous y tromperez pas !

https://www.association5e.fr/

Colloque de l’association 5E, des graphopédagogues à Paris

L’association 5E regroupe des graphopédagogues certifiés qui se retrouvent chaque année lors d’un colloque. Cette année, il s’est tenu à Paris du samedi 23 au lundi 24 octobre 2021. Après s’être retrouvées à Strasbourg au mois de mai dernier en lieu et place du colloque 2020, c’est désormais cet automne que les graphopédagogues 5E ont décidé de se réunir. Au programme, activités pratiques, conférences, échanges, travail… mais aussi moments de convivialité.

Les graphopédagogues de l’association 5E: un colloque en automne

Le colloque a débuté samedi matin par le désormais traditionnel speed dating à la manière 5E. C’est l’occasion de se présenter, de rencontrer les nouvelles adhérentes et de raconter son travail au quotidien, les installations, les projets…

Théa Bugnet: gestes, rythmes et sons

L’association 5E et ses graphopédagogues ont à cœur d’enrichir leurs connaissances lors des colloques. Puis, Laëtitia Hérissé, https://cabinetboligrafo.com/graphopédagogue installée au Pays basque, a présenté le travail passionnant et malheureusement peu connu de Théa Bugnet. Cette intervention a permis de découvrir la méthode « Le Bon Départ ».

Laëtitia Hérissé présentant le travail de Théa Bugnet

L’acquisition du geste, puis de l’écriture se font ainsi au travers du rythme et de la musique. Ces pratiques ont eu un écho important chez les graphopédagogues 5E. Un groupe de travail a d’ailleurs par la suite été consacré à l’élaboration de nouveaux outils utilisables au cours d’une rééducation de l’écriture.

Travail d’équipe autour du geste et du son

Zaubette au colloque de l’association 5E

Les rencontres qui ont lieu lors des colloques sont souvent l’occasion d’initier de nouveaux projets. En mai dernier, c’est le partenariat avec la Semaine de l’écriture qui avait ainsi pu être finalisé. Il a depuis abouti au concours « L’écriture, c’est la classe » lancé ce mois-ci. Ce dimanche, c’est la célèbre blogueuse Zaubette qui est venue échanger avec les membres de l’association 5E. http://www.zaubette.fr/Nul doute qu’une belle collaboration et des projets passionnants naitront de cette rencontre.

Zaubette au colloque 5E

La brain ball au service de la graphopédagogie

Ensuite, les graphopédagogues 5E ont également pu bénéficier d’ateliers et d’exercices pratiques. Tout d’abord yoga, avec Laure Dufresne. Puis, Brain Ball, une activité particulièrement intéressante pour travailler l’attention, la planification, l’inhibition, mais aussi pour faciliter la latéralisation. Chacune a pu repartir avec de nouvelles cordes à son arc, toujours au service des élèves.

Atelier Brain Ball

Enfin, et c’est tout aussi important, des moments conviviaux sont également venus ponctuer ce colloque. Un escape game a notamment eu lieu dans le Quartier Latin. Une sympathique occasion de « s’affronter », mais surtout de s’amuser, de collaborer et de découvrir les merveilles de Paris. Ces instants précieux permettent en effet de renforcer les liens qui unissent les membres de la 5E et ils contribuent à faire des colloques des temps forts pour l’association. http://lartdecrire.fr/le-reseau-5e/

Soirée crêpes au colloque 5E

Bien s’installer pour bien écrire

Avant de commencer à écrire, il est indispensable de veiller à bien s’installer. Il faut effectivement bien s’installer pour bien écrire.

Revoyons ensemble les bonnes pratiques à adopter !

Bien s’installer pour écrire avec une bonne posture

Tout d’abord, il faut être confortablement installé et adopter une bonne posture permet d’éviter quelques pièges.

  • Les pieds doivent être posés bien à plat.
  • L’avant-bras doit reposer sur la table et être perpendiculaire avec la partie du bras qui est le long du buste.

Dans l’idéal, le mobilier doit être adapté à la taille de l’enfant. Il est plus facile de jouer sur la hauteur d’une chaise que sur celle d’une table ! De nombreux modèles existent en effet dans le commerce. Mais je déconseille formellement les chaises roulantes, même si leur côté ludique attire les enfants. En effet, elles sont à l’origine de mouvements parasites et n’aident en rien à adopter la bonne posture.

Mais si la table est trop haute, utilisez un marchepied. Cela permettra aux pieds de reposer bien à plat, surtout si l’enfant est encore petit et qu’il ne touche pas le sol.

Ensuite, les épaules doivent faire face à la table et il faut se pencher légèrement pour écrire. Les épaules sont donc légèrement en avant du bassin et doivent être relâchées, détendues. Essayez d’éviter toute crispation !

Bien écrire avec une bonne tenue de crayon

Puis, la tenue de crayon est elle aussi fondamentale. C’est elle qui va permettre d’utiliser les doigts et non le poignet pour écrire.

En somme, le crayon doit être posé sur le côté de la dernière phalange du majeur, puis tenu avec la pulpe du pouce. L’index vient ensuite se poser en souplesse sur le crayon ; il reste en position arrondie, détendu, sans pression. Le crayon repose dans la commissure pouce index. Dirigez-le vers l’arrière, dans l’axe de l’avant-bras. Le pouce doit être bien mobile et pouvoir se plier, puis se tendre. C’est bien ce mouvement de flexion/extension qui produit le mouvement du crayon, donc l’écriture.

Le poignet est bien droit ; il n’est pas « cassé » et il repose sur la table. Ce n’est pas lui qui doit être mobilisé lors de l’écriture. Il doit rester en contact avec la table, sans se relever ni « sauter ». Il doit au contraire se déplacer en glissant de gauche à droite, dans le sens de l’écriture. La main doit ainsi toujours rester alignée avec l’avant-bras.

Bien s’installer avec une position du cahier stratégique

Penchez légèrement le cahier (ou la feuille). Ainsi, pour les droitiers, on incline à gauche et l’avant-bras se déplace en écartant le coude et en s’éloignant du buste. Pour les gauchers, on incline à droite et on décale un peu le cahier vers la gauche ; l’avant-bras se rapproche alors du buste. En effet, l’avant-bras qui écrit doit toujours être parallèle au bord de la feuille ou du cahier.

Mes cahiers d’écriture. L. Pierson- MDI

Enfin, la main doit toujours se placer sous la ligne d’écriture. Cette position permet à l’enfant de voir ce qu’il écrit. Pour les gauchers, c’est la seule façon d’éviter de tordre son poignet ce qui peut être à l’origine de douleurs importantes. Finalement, bien positionner son cahier et son avant-bras permet aussi d’assurer un déplacement fluide et harmonieux. Il est donc essentiel d’y penser !

Afin de retrouver ces bonnes pratiques, n’hésitez pas à télécharger ce mémo réalisé en collaboration avec les éditions mdi et l’association 5E, à l’occasion du concours « L’écriture, c’est la classe ! » organisé en partenariat avec la Semaine de l’écriture. https://www.mdi-editions.com/jeu-concours-ecriture

Graphopédagogue ou graphothérapeute ?

Un graphopédagogue, qu’est-ce que c’est ? Graphopédagogue, graphothérapeute, quelles sont les différences ? Quelle différence existe-t-il entre ce que vous faites et ce qui est fait au cours d’une graphothérapie ? Voici des questions qui reviennent souvent au cabinet ou à l’occasion de la prise de rendez-vous.

Pas évident effectivement de s’y retrouver quand on est un parent un peu désarmé, à la recherche d’une solution aux soucis d’écriture de ses enfants. D’autant plus, quand à l’école, on vous parle de professions dont vous n’aviez jamais entendu parler, avant bien-sûr d’être vous-mêmes confrontés à ces questions. Alors, avant de vous décider, graphopédagogue, graphothérapeute, des différences?

Qu’est-ce qu’un graphothérapeute?

Tout d’abord, pour comprendre les différences entre graphopédagogues et graphothérapeutes, examinons leur formation? La plupart des graphothérapeutes sont graphologues de formation, c’est-à-dire qu’ils sont susceptibles d’analyser une écriture pour décrypter certains traits de la personnalité de celui qui écrit. Mais cette profession n’est pas réglementée et il existe donc des écoles et des approches très différentes. A l’origine, le graphothérapeute accordait beaucoup d’importance à la psychologie et à la personnalité de la personne. Il propose parfois une thérapie, ce qui le positionne alors dans le domaine paramédical.

Puis, face aux difficultés croissantes rencontrées dans l’apprentissage de l’écriture et devant les besoins qui en découlent, les graphothérapeutes se sont peu à peu tournés vers la rééducation de l’écriture. Ils proposent ainsi un bilan graphomoteur comme préalable à toute prise en charge. La rééducation commence ensuite au deuxième rendez-vous. Les élèves sont alors suivis chaque semaine et l’essentiel du travail se fait au cabinet. Donc, pour résumer, graphopédagogue, graphothérapeute, des différences?

Qu’est-ce qu’un graphopédagogue?

Le graphopédagogue ou rééducateur en écriture a une approche plus tournée vers l’enseignement. Il travaille spécifiquement le geste d’écriture. Il s’adresse aussi bien aux élèves ayant uniquement des troubles de l’écriture comme à ceux qui présentent des troubles parfois liés au champ du handicap (dyspraxique, TDAH, TSA…), et ce, quel que soit leur âge. Mais le rééducateur n’est pas un thérapeute : il ne fait pas de bilan graphomoteur et il ne fait pas d’analyse graphologique en lien avec la psychologie du patient. Il n’a d’ailleurs pas de patient, mais des élèves. La graphopédagogie est de plus en plus connue en France. Elle est déjà pratiquée depuis longtemps au Canada, pays où les recherches en pédagogie ont toujours été mises à l’honneur.

Les graphopédagogues 5E, quelle différence?

En France, la graphopédagogie acquiert peu à peu ses lettres de noblesse grâce à l’Association 5E – Enseignement de l’Écriture pour Élèves, Étudiants et Enseignants. Fondée en 2013, notre association  a pour objet de diffuser le plus largement possible les connaissances sur l’écriture manuscrite, son enseignement initial et sa rééducation. Les graphopédagogues 5E s’intéressent à l’écriture dans son ensemble, sans jamais séparer la composante motrice (le geste) de la composante symbolique (le son) et de la composante sémantique (le sens).

Au cours de la première séance, les graphopédagogues 5E observent l’écriture de l’élève, sa tenue de crayon, le mouvement des doigts, le déplacement du poignet et ils commencent immédiatement la rééducation à partir de petits exercices ludiques. Ils devront ensuite être refaits à la maison. C’est cet entrainement régulier, quasi quotidien, qui permet l’automatisation du geste de l’écriture.

La méthode mise au point par les graphopédagogues de l’Association 5E s’est nourrie de plusieurs apports. Des apports théoriques d’abord, comme ceux de Julian de Ajuriaguerra, neuropsychiatre spécialiste de la psychiatrie de l’enfant, qui est à l’origine d’une échelle devenue l’outil de référence pour évaluer la dysgraphie. Mais également les travaux de Danièle Dumont, docteur en sciences du langage qui a conçu une modélisation de l’apprentissage de l’écriture, explicitée dans « Le geste d’écriture »  publié aux éditions Hatier. Les tests de Marguerite Auzias nous permettent aussi de déterminer la latéralité graphique. Quant à l’influence des réflexes primordiaux ou archaïques dans le processus d’apprentissage, notamment de l’écriture, elle a été mis en évidence par les travaux et les recherches de Paul Landon et de Bénédicte Cazals.

Pour plus de renseignements sur les réflexes archaïques, n’hésitez pas à suivre ces liens:

https://www.arc-en-flex.fr/

http://lartdecrire.fr/category/reflexes-archaiques/

Enfin, l’expérience et les échanges entre les membres de l’Association 5E permettent de continuer à enrichir nos pratiques au quotidien, toujours au service de la réussite de nos élèves.

Ismaël, 17 ans. Une écriture désormais efficace

Ismaël était un élève gêné par son écriture qui n’était pas efficace. Quand il est venu me voir, il débutait sa 1ère. C’était un excellent élève qui souhaitait poursuivre des études afin de devenir ingénieur. Mais il avait conscience que son écriture qui l’avait toujours gêné, pouvait désormais être une difficulté sérieuse dans la réussite de ses projets. Son écriture était en effet très petite et difficilement lisible, et cela malgré des efforts de propreté et de présentation. Il écrivait en script, ce qui le ralentissait considérablement et il souffrait parfois de douleurs.

Après un travail sérieux et assidu, et en à peine 3 mois, Ismaël a transformé son écriture. Elle est désormais fluide et agréable à lire. Il sait aussi qu’il doit continuer à s’entraîner à écrire régulièrement afin de gagner encore en vitesse. Bravo pour pour cette écriture efficace!

Alban. 12 ans

Quand il est venu me voir en 6ème, Alban avait une écriture très irrégulière et presque illisible. Diagnostiqué dysgraphique, il écrivait de moins en moins et il souhaitait utiliser exclusivement la tablette au collège. Ayant déjà vécu de multiples suivis, il était très réticent devant le travail qui s’annonçait.

Après un travail sérieux et régulier, et l’accompagnement actif de sa maman, il a progressivement pu repérer ses progrès. Dès sa rentrée en 5ème, il a renoncé à sa tablette et a recommencé à noter lui-même ses cours. Aujourd’hui, il n’est plus gêné dans son travail écrit et a retrouvé une écriture efficace et lisible.

Lucas, 11 ans

Quand il est venu me voir, à la fin du CM2, Lucas avait une écriture maladroite, très hachée et peu lisible. Il avait eu de bons résultats scolaires jusque là, mais il avait peur de ne plus suivre le rythme au collège. Il était en effet plus lent que ses camarades.

Il a travaillé sérieusement pendant plusieurs mois, malgré les interruptions liées aux confinements. Il a réussi à ne pas se décourager et désormais, son écriture est tout à fait lisible et fluide. Lucas écrit maintenant au même rythme que ses camarades et son écriture ne le gêne plus du tout en classe.

Page 1 of 3

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén